La notice du pacing

Bâtir un horaire de course à la main, c'est une soirée de tableur et trois erreurs. Voilà comment Cailloux le fait à partir de la seule chose que l'organisateur t'a donnée : les barrières horaires.

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⏱ Le tableau des temps de passage

Dans le Cairn

Une ligne par point de passage, et pour chacun deux scénarios : optimiste, le jour où tout va bien ; pessimiste, celui où tu marches dans la boue depuis trois heures. Tout est calculé pour les deux en parallèle, du départ à l'arrivée.

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🚧 Les barrières remplissent le tableau

Le vrai gain de temps

Tu renseignes les barrières dans les checkpoints, et l'horaire complet apparaît. Tant qu'une durée n'a pas été saisie à la main, elle est calée sur la barrière : calculée pour que tu ressortes du ravito 30 minutes avant en optimiste, 15 minutes avant en pessimiste.

🚪 Une barrière porte sur la SORTIE, pas sur l'arrivée. C'est la règle des organisateurs, et elle change tout : si tu prévois 12 minutes d'arrêt au ravito, le calage te fait arriver 12 minutes plus tôt pour ressortir à l'heure. Le temps d'arrêt est d'ailleurs propre à chaque coureur — on ne traîne pas tous autant devant la soupe.
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🟢 Vert, rouge : où ça coince

D'un coup d'œil

Chaque scénario porte sa propre colonne barrière. Verte tant que ton heure de sortie tient, rouge clignotante dès qu'elle est dépassée.

Temps de passage — extrait
Pointkm-effArrêtPassage opt.BarrièrePassage pess.Barrière
Bonnezue20,501208:2209:0409:3009:04
Engreux10,80010:0710:3710:2210:37
Arrivée70,8021:0021:3021:1521:30
Bonnezue passe au mieux mais pas au pire : 09:30 + 12 min d'arrêt = 09:42, soit 38 minutes de trop. Une colonne unique ne l'aurait pas montré.

L'infobulle donne la marge exacte : « Marge au pire : 0 h 15 », ou « Barrière dépassée de 0 h 38 au pire ».

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⛰ Le km-effort

Comparer ce qui n'est pas comparable

Un kilomètre de plat et un kilomètre à 15 % ne coûtent pas la même chose. Le km-effort convertit le dénivelé en distance de plat, pour que tes allures se comparent d'un segment à l'autre :

Le calcul
km-effort = km du segment + (D+ du segment ÷ taux du coureur)
Exemple : 15,5 km avec 500 m de D+, taux à 100 → 15,5 + 5 = 20,50 km-effort
Le taux se règle par coureur, sur sa ligne : « D+ = 1 km ». À 100, cent mètres de dénivelé coûtent autant qu'un kilomètre de plat. Baisse-le si tu souffres en montée.

Du coup chaque allure a deux lectures : en gros, les minutes par km-effort, dénivelé compris — c'est celle qu'on saisit, et la seule comparable. En petit dessous, les minutes par km réel : ce que montrera ta montre.

La cellule d'allure
6:56
9:10 /km
Sur ce segment qui monte, tu cours à 6:56 par km-effort mais ta montre affichera 9:10 au kilomètre. L'écart, c'est le prix de la côte.

À la saisie, 8:20 et 8,3 marchent tous les deux. Sous 3:00 par km-effort, l'appli te prévient : c'est presque toujours une durée mal tapée.

Comment on s'y prend, en vrai

  1. Saisis les barrières du road-book dans les checkpoints, sans rien d'autre. Le tableau des temps se remplit tout seul, du départ à l'arrivée.
  2. Règle tes temps d'arrêt ravito par ravito. Les heures reculent en conséquence : c'est bien la sortie qui compte.
  3. Regarde les allures obtenues. Si le calage te demande du 4:30 par km-effort dans la dernière montée, ce n'est pas un horaire, c'est un vœu.
  4. Fige ce que tu sais — tape tes vraies durées sur les segments que tu connais. Le reste continue de suivre les barrières.
  5. Surveille le rouge. Une barrière rouge au pire n'est pas forcément un problème : c'est un endroit où il ne faudra pas traîner.
🧮 Attention à l'effet domino. Si tu figes une durée qui fait sauter une barrière, les segments suivants se raccourcissent tout seuls pour rattraper le retard — jusqu'à des allures irréalistes. C'est mathématiquement juste et humainement faux : à toi de trancher.
Et si l'organisateur ne donne pas de barrières ? Rien n'oblige à en mettre. Sans barrière, un point garde simplement la durée que tu lui saisis — le tableau fonctionne exactement pareil, il ne se remplit juste pas tout seul.
Ces heures servent à quoi, ensuite ? À tout le reste. Elles nourrissent le plan de ravitaillement, l'écart au plan pendant la course, les notifications à l'équipe et la répartition de tes ziplocks. Un horaire faux fausse tout le reste — c'est le premier chantier d'une course.
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