Pierre en course, chapeau jaune et chemise à motifs
Qui est derrière Cailloux

Pierre

46 ans, coureur du Nord, gabarit poids lourd.
Je finis mes courses. Tard, mais je les finis.

Camion, pas voiture de course

Dans le trail, il y a les coureurs taillés comme des voitures de course : légers, nerveux, montés sur ressorts, capables de relancer dans une bosse à l'heure où les autres négocient avec eux-mêmes.

Et puis il y a moi. Je suis un camion. Le châssis est solide, la carrosserie a du volume, et il ne faut pas compter sur moi pour prendre un virage serré. En revanche, je roule. Longtemps. Toute la journée s'il le faut.

L'avantage du camion, c'est le réservoir. Je n'ai jamais eu de souci d'alimentation en course : pas de fringale, pas de nausée, pas de ce moment tragique où le gel de trop décide de faire demi-tour. Je mange, ça passe, je repars.

L'inconvénient du camion, c'est la vitesse de pointe. Disons que je ne fais pas peur au chronomètre. Ni au chronomètre, ni à personne, d'ailleurs.

Fiche technique
Âge
46 ans
Région
Nord de la France
Cylindrée
Poids lourd
Distance de prédilection
40 à 100 km
Autonomie
Excellente
Vitesse de pointe
Théorique
Marge sur barrière horaire
Symbolique

Ma spécialité : la barrière horaire

J'ai un talent que personne ne m'envie : je passe toujours les barrières horaires. Juste avant. Vraiment juste avant.

Là où d'autres collectionnent les podiums, moi j'ai un abonnement au suspense. Les bénévoles qui commencent à replier les tables me connaissent bien. Il y a toujours ce moment où quelqu'un lève la tête et dit « ah tiens, il y en a encore un ». C'est moi. C'est toujours moi.

Si Cailloux a une alerte de barrière horaire, ce n'est pas une fonctionnalité. C'est un besoin personnel.

Ce que je cours

Entre 40 et 100 km. C'est là que je suis à ma place : assez long pour que la vitesse cesse d'être le sujet, assez raisonnable pour rentrer dormir dans mon lit.

Le 100, je ne l'ai pas encore fait. Ça devrait arriver. J'ai commencé à en parler autour de moi, ce qui est, comme chacun sait, la première étape irréversible.

Le jour, je travaille dans un opéra

Sur le plateau. Concrètement : je déplace dans le noir et en silence des décors qui pèsent le poids d'une petite voiture, pendant que quelqu'un chante à quelques mètres.

C'est un excellent entraînement croisé, et ça explique une partie du gabarit : on ne fait pas ce métier en étant monté sur ressorts.

Pourquoi je raconte tout ça ? Parce que Cailloux n'a pas été conçu pour les coureurs de tête. Il a été conçu par quelqu'un qui court à l'arrière, qui connaît l'angoisse de la barrière horaire, et qui sait exactement ce que ressent une équipe d'assistance quand ça fait deux heures qu'elle attend. 🪨

La suite de l'histoire

Comment une feuille plastifiée dans une poche de veste est devenue une appli de suivi en direct.

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